Le 20 novembre 1989, l'ONU adoptait un texte d'une extrême importance, la convention internationale sur les droits de l'enfant qui faisait naitre un espoir pour tous les enfants de la terre. Le droit à la vie, le droit à la paix, le droit à la protection, le droit à la nourriture, le droit aux soins, le droit à l'éducation leurs étaient inconnus.Nous avons rêvé et nous rêvons encore de l'application de cet écrit surgi du plus profond de la conscience humaine. Jamais dans l'histoire des droits humains, un texte n'avait été ratifié aussi rapidement ni aussi massivement. Qu'en est-il depuis ? Des enfants qui travaillent, des enfants prostitués, victimes de la pédophilie, des enfants qui ont faim, des enfants malades, des grossesses précoces, des enfants drogués, des enfants en situation difficile. Toutefois, des résultats ont été obtenus des législations modifiées, des nouvelles règles établies pour faire respecter la vie des enfants. Mais le chemin est long, très long, le cri des enfants du monde demeure. Il doit se faire entendre de plus en plus fort. Madame Anta Mbow, Directrice de l'Empire des enfants.
L’Empire du bien -Enfants des rues
Fermé pendant près de 20 ans, l’Empire, l’ancien cinéma mythique de Dakar, a été rénové pendant un an pour être transformé en centre d’accueil des enfants des rues.
Les enfants des rues de Dakar ont désormais leur centre d’accueil. L’ancien cinéma dakarois l’Empire, à l’abandon depuis près de vingt ans, a complètement été réhabilité pour créer un espace de rencontre, d’écoute et de formation pour les jeunes en difficulté. A l’initiative de l’Association du Sénégal et l’Afrique de l’ouest (l’ASAO est la branche sociale de la Compagnie d’Afrique du Sénégal et de l’Afrique de l’ouest, CSAO), le centre bénéficie d’un système d’autofinancement original, d’une dizaine d’éducateurs permanents et de l’implication de grands artistes africains.
Selon le Bureau international du travail, près de 200 000 enfants vivent dans la rue au Sénégal. Regroupées au sein du Collectif des structures d’appui aux enfants en difficulté (Cosaed), quinze organisations et associations oeuvrent aujourd’hui sur le terrain. Pour partager leurs expériences et monter des actions communes, elles se réunissaient tous les mois, mais ne disposaient d’aucun lieu fixe pour se rencontrer. Invitée à une de leur réunion, l’ASAO leur a proposé de reprendre l’Empire.
Au-delà de l’accueil et de l’écoute pour les enfants, l’Empire dispose de capacités d’hébergement temporaire, d’un espace de soin ainsi que d’un lieu pour des activités de loisir. Parallèlement à cela il a été mis en place cinq ateliers d’expression artistique : dessin, théâtre, danse et ballet, audiovisuel et activités sportives. Un travail d’initiation de un à trois mois à l’issue duquel les enfants volontaires pourront être orientés vers des structures plus spécialisées. " L’objectif de l’Empire est de toucher au moins 100 jeunes (l’âge moyen est 15 ans même si le plus petit des enfants à 5 ans), soit les deux tiers de sa capacité d’accueil.
Octobre 2003 : Visite du centre d'accueil pour enfants appelé "l'empire des enfants"